A propos/Presse

Refus de la France de restituer des biens culturels du patrimoine béninois emportés lors de la conquête du pays en 1892.

Le 27 juillet dernier, le Conseil des ministres béninois avait approuvé une demande officielle de restitution des œuvres d’art emportées par le général Dodds et l’armée française en 1892 lors de la conquête du Dahomey (actuel Bénin) et aujourd’hui conservées dans l’Hexagone. Cette demande soulève la question du patrimoine africain exposé à l’étranger.

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A gauche : Statue royale anthropo-zoomorphe mi-homme mi-requin représentant le roi Béhanzin, dernier roi du Dahomey (1890-1894)

A droite : portes du Palais du roi Glèlè

 Ces œuvres sont toutes deux exposées au Musée du Quai Branly à Paris et font partie des œuvres que le Bénin souhaite se voir restituer.

 

Une bonne partie du patrimoine culturel africain se trouve ainsi aujourd’hui en dehors du continent, cela suite aux pillages coloniaux, mais aussi aux « récoltes » à visée ethnographique et aux achats sous le manteau durant les années suivant la décolonisation. Un problème auquel se heurte souvent les Etats africains est que le pillage n’est pas toujours simple à prouver. Mais dans l’affaire béninoise, celui auquel s’est adonné le général Dodds en novembre 1892 est bien documenté.

Au Quai Branly, figurent ainsi plusieurs trônes royaux, les portes sacrés du Palais d’Abomey, des statues anthropomorphes, emportés en 1892. Ces objets ont pour le peuple béninois une valeur patrimoniale et spirituelle exceptionnelle. En vue d’une restitution, il aurait fallu recenser tous les biens se trouvant actuellement essentiellement au Musée du Quai-Branly-Jacques Chirac et au Musée de l’Homme mais aussi dans des collections privées.

Cependant, le ministère français des Affaires étrangères vient la semaine dernière de rejeter cette demande.

À la requête béninoise, la France a opposé que ces biens ont été intégrés de longue date au domaine public mobilier de l’État français. Conformément à la législation en vigueur, ils seraient soumis aux principes d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité et d’insaisissabilité. En conséquence, leur restitution ne serait pas possible.

La restitution d’œuvres d’art à leur pays d’origine met en outre la lumière sur une autre problématique : ces pays sont-ils en capacité d’accueillir ces richesses et de les proposer au plus grand nombre en toute sécurité ? Comment trouver les financements pour que les générations à venir puissent continuer d’en profiter de manière pérenne ?

La question des biens spoliés revient souvent sur le devant de la scène et met l’accent sur une part si complexe de l’histoire. Comment contraindre les puissances européennes à rendre aux pays les trésors emportés ou acquis dans des conditions troubles qui, aujourd’hui, peuplent les musées ? Le doivent-elles au regard du droit international ? La controverse la plus célèbre est sans doute celle concernant la frise du Parthénon, réclamée par l’État grec au British Museum (Royaume-Uni) depuis près de deux siècles. Ces requêtes se transforment souvent en blocage diplomatique et n’aboutissent que dans de rares cas à une restitution, comme ce fut par exemple le cas pour l’Éthiopie, qui a obtenu de l’Italie en 2005 la restitution de l’obélisque d’Axoum.

Constance Baralon, membre de l’association, le 28/03/2017.

 

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